Le projet
Deux ans après notre première discussion collective, nous avons signé, le 22 mai 2025, l’acte d’achat des terres et des bâtiments qui sont aujourd’hui la propriété de notre coopérative La Ferme du Jarrioz.
À terme, nous y développerons des activités de maraîchage, boulangerie paysanne, restauration, élevage d’ânes!
Pour les prochains mois, nous nous consacrerons à la rénovation de la maison principale ainsi qu’à la mise en place des deux premiers ateliers de productions.
Les terres
La ferme du Jarrioz est située dans la plaine fertile de Moirans, au sud du Pays Voironnais ; juste à côté du cours de la rivière Isère et au pied de la pointe nord du Vercors.
Sur nos 18 hectares de terre, 11 sont en fermage auprès de la Foncière Terre de Liens et 7 sont en fermage auprès du Pays Voironnais. Comme la ferme se trouve au dessus de la nappe phréatique de l’Isère, l’eau est très accessible.
Les bâtiments
Les bâtiments de la ferme comprennent un appartement habitable de 100m2 ainsi qu’une grande maison à rénover. Ces espaces permettront, à terme, de loger une partie des travailleur.euses de la ferme.
Les bâtiments agricoles sont actuellement en rénovation pour accueillir les espaces de travail et la chambre froide du maraîchage ; ainsi que la meunerie et le fournil des paysan·nes boulangèr·es. Nous construirons un nouveau bâtiment en 2027 dans lequel des silos seront installés pour conserver les céréales.
Enfin, d’autres espaces permettent d’établir l’atelier, d’installer nos bureaux et d’aménager une cuisine collective.
Les valeurs et les objectifs
Autonomie alimentaire locale
Notre vocation est de construire et d’entretenir une ferme en polyactivité pérenne dont les produits sont à destination des habitant·es de Moirans, du Pays Voironnais et de l’Isère. Notre objectif est de contribuer à renforcer l’autonomie alimentaire du territoire.
Écologie
En rupture avec le modèle de l’agriculture industrielle, nous envisageons les pratiques agricoles comme nécessairement ancrées dans un milieu de vie naturel. Rendre sa fertilité au sol, régénérer la biodiversité, préserver la qualité de l’eau sont des enjeux agricoles essentiels.
Réempaysannement
Nous pensons qu’il est nécessaire de réinvestir collectivement les champs, de démultiplier les projets d’installation agricole, de reprendre la terre aux machines. Pour que ce renouveau paysan ait lieu, il faut que les conditions du travail agricole s’améliorent. Nous nous inscrivons dans le sillon des cultures paysannes qui ont su bâtir des modes de vie compatibles avec leur milieu naturel.
Solidarité
Aujourd’hui, la précarité alimentaire progresse dans notre pays. Le recours à l’aide alimentaire continue d’augmenter et, en 2023, 10 % des ménages français déclarent être en insuffisance alimentaire. Devant ce constat, nous souhaitons prendre part aux dynamiques en cours (comme la sécurité sociale de l’alimentation) afin de rendre les nourritures paysannes accessibles au plus grand nombre.
Éducation populaire
Le Jarrioz entend se faire un relais des savoir-faire agricoles pour que les installations paysannes se démultiplient ; sensibiliser à l’écologie à partir des réalités de la ferme ; accueillir sur place des projets pédagogiques.
La structuration juridique

Nous avons choisi de créer deux structures : une coopérative et un GAEC.
La coopérative est une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). C’est elle qui est propriétaire de la plupart des bâtiments. Elle est l’outil de coordination de l’ensemble des acteurs et actrices de la ferme (agriculture, habitation, accueil).
Le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) porte les activités de maraîchage et de paysannerie-boulangerie.
Pourquoi une coopérative ?
Au coeur de notre structuration, nous avons fait le choix de placer une coopérative.
Plusieurs raisons à ce choix :
Type de propriété – C’est la coopérative qui est propriétaire des bâtiments de la ferme. On se situe hors du cadre de la propriété privée individuelle car les personnes ne sont pas directement propriétaires, elles sont sociétaires de la coopérative.
Cadre démocratique – La forme coopérative est pour nous la meilleure base pour construire une organisation démocratique où les décisions importantes sont prises en commun, les responsabilités sont partagées et les prises de pouvoir illégitimes sont empêchées.
Non-lucrativité – Les activités de la coopérative ne seront pas source d’enrichissement personnel. Nos statuts rendent impossible de générer du profit. Une fois que la structure aura remboursé ses prêts, l’argent généré sera entièrement réinvesti dans la ferme.
Non-spéculation – Sortie du marché immobilier et foncier, la ferme n’a pas vocation à être revendue. Sa transmission ne se fera pas par une vente, mais au fil du temps via des entrées et sorties successives de coopérateur·ices qui prennent part aux différentes activités du lieu.
En un mot, la forme coopérative nous permet d’envisager la ferme du Jarrioz comme un commun.

Des liens qui se tissent
Les dynamiques collectives et de territoire dans lesquelles s’insère la Ferme du Jarrioz sont de plus en plus nombreuses.
Terre de Liens
Le mouvement Terre de Liens, qui rachète des fermes pour les sortir du marché et y installer des paysan·nes en agroécologie, est notre partenaire depuis le début. Leur intervention pour acheter les terres et une partie des bâtiments (un processus encore en cours) nous permet de réduire fortement notre endettement auprès des banques.
Pour en apprendre plus sur le mouvement : https://terredeliens.org/
Les Fermes Partagées
La coopérative la Ferme du Jarrioz est elle-même sociétaire d’une autre coopérative : la SCIC Les Fermes Partagées, qui accompagne des installations paysannes en collectif sur les enjeux juridiques, économiques, de gouvernance et sur les rapports humains.
Le mouvement Les Fermes Partagées œuvre également pour démocratiser lesformes coopératives en agriculture et elle anime un réseau des fermes collectives et coopératives.
Nous sommes partis prenantes de ce mouvement, aux côtés d’autres fermes collectives de la région comme la Clé des Sables (https://www.laclefdessables.fr/), les Volonteux (https://www.fermedesvolonteux.com/), la ferme de Chalonne (https://www.fermedechalonne.fr/), le Courtil de Quincieux (https://lecourtildequincieux.fr/), ou Ferments Communs (https://alternatives-agriculturelles.fr/scic/).
Les Fermes voisines
Depuis un an, nous avons également tissé de nombreux liens de coopération avec les fermes de la plaine et de ses alentours : avec La Amapola (Moirans), la Ferme du May (Vourey), Les Nouveaux Jardins de la Solidarité (Moirans), les Vergers de Vernette (Renage), la Poule aux fruits d’Or (Saint-Etienne-de-Crossey), avec les céréaliers Jean-Pierre Michallat et Jean-François Michallat (Moirans), ainsi qu’avec la pépinière Forêt Spirée (Moirans).
Les Cigales
Ce sont des personnes qui mettent une partie de leur épargne en commun pour soutenir ensemble des projets qui font sens pour elles et eux. 3 Cigales soutiennent la Ferme du Jarrioz :
Cigalileo, les Cigales du Vercors et les Petites Utopies.
Pour en apprendre plus : https://www.cigales.asso.fr/club-cigales/
Et de nombreux autres liens importants
Nous sommes en lien avec de nombreuses structures qui nous aident à concrétiser la Ferme du Jarrioz : : l’Addear 38, La chambre d’agriculture de l’Isère, l’AFOCG des Alpes, GAIA, la communauté de communes du Pays Voironnais, la commune de Moirans, la LPO, l’Atelier Paysan, la Confédération Paysanne… La liste est longue !
Les membres du collectif




